Vos goûts et dégoûts

Kaïros

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Jeudi 3 avril 2008

Voilà un petit moment que j'y pense, je me suis mise à envoyer des cv à gauche et à droite dans le monde la semaine dernière, et les réponses commencent à tomber, certaines sont négatives, bien sûr, mais d'autres sont intéressantes.

Alors vous vous demandez peut-être de quoi je parle... Et bien en fait, j'envisage de m'exporter, d'aller enseigner la philosophie dans les lycées français à l'étranger. J'ai donné quelques coups de sonde, çà et là, et cela fonctionne. Pour l'instant, deux possibilités encore à préciser : Tripoli (au Liban, et non en Lybie) et Alexandrie.
J'avoue que je préférerais Alexandrie, la ville est plus grande, et ça m'attire davantage, mais pourquoi pas le Liban après tout. La seule chose qui me gène un peu, c'est le statut de la femme dans ces pays. Pour une féministe, difficile de se décider à porter le voile tout de même. Enfin, pas de caricaturisme, ce n'est pas la jungle non plus. On vit partout après tout.

Donc voilà, j'ai envisagé un instant devoir laisser tomber la philosophie, ça m'a rendue triste à mourir, alors je me suis dit, quite à renoncer à quelque chose, autant que ce soit à la France. Après tout, la fuite des cerveaux ne date pas d'hier. Je ne me considère évidemment pas comme un cerveau, mais si la France est infoutue de reconnaitre qu'il y a des gens qui ont envie d'enseigner, et de leur accorder décemment cette possibilité, et bien tanpis, je me barre. Je peux renoncer à beaucoup de choses, mais je ne suis pour l'instant pas prête à renoncer à la philosophie, ça me fait trop de mal.

J'ai un ami qui part le 19 pour deux ans à Mayotte, moi je vais peut-être plier bagage aussi. Les choses changent. On évolue. Choisir c'est dire non à ce qu'on n'a pas choisi. Voilà tout.

Sur le départ donc. Vous tiendrai au courant de l'avancée des dossiers.

par Dinou publié dans : La Philo selon Dinou
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Lundi 10 mars 2008


Je passe en coup de vent pour vous donner le sujet du jour :

La moralité est-elle utile à la vie sociale ?

Tout un programme. 

Demain, commentaire de texte... Je vous raconterai.


xxxx

par Dinou publié dans : La Philo selon Dinou
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Lundi 15 octobre 2007


Plus malade que jamais, je me suis réellement pris de plein fouet la réalité du corps, pesante, matérielle, au sens fort du terme, aujourd'hui même. Alors que j'ai bien du mal à éviter les quintes de toux plus de 3 minutes d'affilées, je suis bien obligée de constater que j'ai beau faire de la philosophie, la vie de l'esprit n'est pas bien folichonne quand le corps dit stop.


                                                                           


Pas moyen de me lever ce matin. Le réveil a sonné pendant deux heures avant même que je ne l'entende. Autant dire que le cours auquel je devais assister est passé à la trappe. Idem pour le dossier de bourse que je devais aller retirer aujourd'hui, c'était le dernier jour, je l'ai dans l'os comme dirait l'autre.

Je suis complétement H.S. Impossible de faire un pas dehors. Je suis restée à agoniser chez moi toute la journée. Heureusement C. est passé, et a eu l'extrême bonté d'aller chez le pharmacien pour moi. Me voilà donc médicamentée mais pas pour autant sur pieds.

C'est vraiment une expérience douloureuse pour moi de devoir garder le lit. D'une part parce que, globalement, je suis quelqu'un d'assez dynamique qui ne tient pas en place, sous mes allures de grande sage... hihi. Et d'autre part parce que cette réalité, du corps propre, vécue négativement, j'ai tendance à l'oublier. Mais oui, ça existe. La fièvre, les courbatures, la toux, la douleur tout bonnement... Ca existe. Parfois, elle est juste suffisamment forte pour gagner contre n'importe quelle bonne volonté.

Me souviens de l'automne en hypokhâgne, j'avais choppé une crève carabinée, genre 40°C de fièvre. En rentrant chez moi le premier soir, j'étais tombée dans les pommes... J'ai tendance à un peu trop surestimer ma capacité à tenir malgré les microbres et autres bactéries qui font leur petite vie en moi. Le deuxième jour, j'étais allée en cours de peur de rester seule... Bah oui, l'hypokhâgne c'était ma première année à Paris, je n'y connaissais pas encore grand'monde. Passons.

Ca me rappelle un très bon bouquin de Chantal Jaquet, qui s'appelle sobrement Le Corps au PUF, que j'avais eu l'occasion de lire entre ma première et ma deuxième khâgne, le corps étant alors la notion de tronc commun au programme de l'ENS. En exergue de l'introduction, Chantal Jaquet citait Valéry en ces termes : " La raison, quelquefois, me semble être la faculté de notre âme de ne rien comprendre à notre corps".  C'est un extrait de L'âme et la danse qui mérite aussi d'être lu par ailleurs.
Moi c'est tout à fait mon problème. Il peut m'arriver, à un moment donné, d'avoir une envie de sucre, et de me rendre compte qu'effectivement, rien de sucré n'est entré dans mon alimentation depuis 3 jours... C'est monnaie courante, surtout depuis que je prépare les concours. C'était le cas en khâgne, c'était encore le cas l'année dernière, ça le sera encore cette année. 

Conclusion : ne pas trop négliger le corps propre. Il peut s'avérer caractériel. Notamment quand l'automne approche et qu'on a tendance à oublier qu'entre nos 37°C internes et les 10°C extérieurs, il y a une certaine marge. 


A suivre...

par Dinou publié dans : La Philo selon Dinou
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Mardi 24 avril 2007

Deuxième épreuve d'agrégation aujourd'hui : dissertation de 7h sur la notion au programme, à savoir l'action.

Le sujet  :                             

 "L'action requiert-elle décision d'un sujet ? "

Ah c'était fabuleux. Un sujet auquel j'avais déjà pensé depuis bien longtemps, seulement voilà, avec l'épreuve d'hier dans les pattes, mes pauvres heures de sommeil de cette nuit, le stress et tout ce qu'on veut, j'ai eu un énorme blocage. Je n'arrivais pas à aligner ma pensée. Les premières heures se sont à peu près bien passées, j'avais mon plan et mes idées assez rapidement, si rapidement que je n'en ai pas noter tous les détails. Et puis au bout de 2h30, plouf ! Plus moyen ! J'avais mal partout, j'étais tendue comme jamais. Mal au dos, mal aux genoux, mal au cou. Impossible de voir le jour dans mes idées embuées par je ne sais quel mal-être.

Du coup, je suis partie un peu avant la fin - 6h45 de jus de cerveau tout de même - et je pense n'avoir rien rendu de très concluant. Ca sent le 2/20 ça... et encore, pour l'encre et le papier, pas plus.

Je suis déçue parce que c'était vraiment l'occasion pour moi de faire une dissertation tout à fait correcte, peut-être pas génialissime, mais en tout cas correcte je pense.

Faut vraiment que je dorme, sinon je ne serais pas en forme demain pour fêter la fin du calvaire...

 

L'anecdote du jour, c'est que pendant que j'essayais de mettre de l'ordre dans ma p'tite cervelle, j'ai eu le temps de regarder autour de moi, et bah vous me croirez si vous voulez mais je pense qu'il y a dans ma salle un agrégatif qui n'a pas lu Kant... lol. Pourquoi ? Parce que le type a eu beau sortir 15 fois de la salle, la traverser en long et en large pour aller déposer des détritus sortis de nulle part dans la poubelle, à chaque fois, il donnait l'impression de ne plus savoir où était sa place. Difficile de s'orienter dans la pensée quand on est incapable de s'orienter dans l'espace... Etonnant. Le plus drôle c'est que le type avait un t-shirt à message, quelque chose qui disait qu'il passait avant les autres, ou assimilé... Pourquoi un tel souci de se faire repérer alors ? Etrange...

PS : Je pars jeudi en Bourgogne, histoire de me mettre au vert quelques jours. Ne vous inquiètez donc pas si vous n'avez pas de nouvelles pendant le week-end, je ne serai pas morte ni tapis au fond des bois, mais simplement chez des amis, en train de boire du bon vin !

++

par Dinou publié dans : La Philo selon Dinou
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Mercredi 28 mars 2007

Voilà un p'tit moment que je n'avais pas fait de critique sur un bouquin, ce n'est pas que je ne lis pas, seulement je lis davantage de philosophie que de littérature, et donc ce n'est pas nécessairement intéressant pour vous tous. Enfin si toutefois la philo vous intéresse, je vous suggère d'aller fouiner ici. Revenons-en à nos moutons pour ce soir. J'ai décidé de vous parler du travail de Harry G. Frankfurt : De l'art de dire des conneries.

 

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Sous ce titre accrocheur, une étude plus sérieuse que prévue. Pas une thèse de doctorat non plus rassurez-vous. En quelques soixante-quinze pages, Frankfurt fait la part entre le mensonge, les conneries, et le baratin, dont il est question ici. Les mots sont fouillés, les concepts travaillés - un vrai travail philosophique vous dis-je. Tout cela sur un ton léger, qui donne envie d'en reparler, et de le faire partager.

Un extrait ?

Pour ma part, je caractériserai les parties de déconnade de la manière suivante : même si les discussions sont animées et pleines de sens, d'un certain point de vue elles demeurent "pas sérieuses", "pour de rire".

Les sujets les plus fréquemment abordés touchent à des aspects de la vie très personnels et chargés en émotion, tels que la religion, la politique ou le sexe. Les gens rechigent d'ordinaire à aborder ce genre de thèmes parce qu'ils redoutent qu'on les prenne au sérieux. Dans une partie de déconnade, les participants font les cons, c'est à dire qu'ils ont tendance à adopter des positions et des attitudes variées, de façon à s'écouter eux-mêmes énoncer des idées inhabituelles et à observer la réaction des autres, sans devoir pour autant s'engager personnellement : il est entendu par tous les déconneurs que les opinions affichées ne reflètent pas nécessairement les convictions profondes ni les sentiments des orateurs. [...] Autrement dit, chaque déconneur sait que personne n'ira s'imaginer qu'il s'exprime du fond du coeur ou qu'il croit dur comme fer à ce qu'il raconte.

Je me suis récemment pris le bec avec un ami, justement je crois, parce qu'il n'était pas tout à fait au clair sur la définition de ces parties de déconnade... Comme quoi, la définition des concepts, ça compte.

 

Pour en revenir à Frankfurt, c'est une lecture amusante et manifestement documentée (cf. les remarques sur Wittgenstein). Rien de bien exceptionnel pour autant. Empruntez-le à vos amis ! lol

^^

par Dinou publié dans : La Philo selon Dinou
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