Après avoir regardé ce petit policier arrangé façon Bridget Jones (voir article précédent), j'ai regardé Vol de Nuit.
C'est marrant parce que cette émission, depuis bien longtemps, elle m'interpelle, et ce n'est que ce soir que je l'aie regardée pour la première fois... Allez savoir pourquoi. Présentes sur le plateau de Patrick Poivre d'Arvor, des femmes et uniquement des femmes. Il les a questionné sur l'art délicat de l'écriture, du dévoilement du premier jet du roman, du passage à l'acte en quelque sorte. Et évidemment, il les a questionné sur le sujet de leur roman respectif (sorti tous ces jours-ci). Comme je suis une élève studieuse, j'ai suivi ça crayon en main, et j'ai pris quelques notes sur des sujets qui me taraudent.
Agnès Desarthe (Mangez-moi) par exemple, a dit quelque chose comme " On écrit un peu avec ce que l'on sait, et beaucoup avec ce que l'on ne sait pas". L'intérêt évidemment, c'est de savoir justement, quelle est cette chose que l'on ignore et qui nous permet d'écrire... Si on en avait connaissance, j'imagine que l'on pourrait tous se targuer de pouvoir être soi-même écrivain, comme ça, par la mise en branle d'une surface quelconque dans le cerveau, par l'exercice d'un muscle particulier... Cela étant, même si beaucoup de choses nous échappe dans le procédé d'écriture, je peux quand même vous dévoiler une chose : ce muscle que l'on exerce le plus pour écrire, c'est le coeur. Rien à redire là-dessus. Les écrivains qui n'écrivent que par l'esprit ne sont pas des écrivains. Ils sont au mieux des auteurs, et encore... Des gratte-papiers dirons-nous, en détournant quelque peu le sens de cette expression.
J'ai un profond respect pour les écrivains. Le simple fait de publier un livre suffit à s'assurer de mon admiration d'ailleurs. Enfin, dans un premier temps évidemment. Cela dit, je suis bien obligée d'avouer que tenir un livre dans la main, le regarder, et me dire que quelqu'un a réussi à offrir au reste du monde quelques pages de ses pensées et de son travail d'écriture est quelque chose qui me laisse rêveuse la plupart du temps. Sans doute parce que j'écris aussi, depuis longtemps, et que j'amasse d'années en années quantité de pages qui, somme toute, ne rime probablement à rien. Je me dis inconsciemment peut-être (mais pas tant que ça) qu'un jour, comme pour Proust, après ma mort, quelqu'un récoltera tout ça, mettra ces papiers bout à bout, et en fera l'oeuvre d'une vie.
Je me demande bien pourquoi je n'ai jamais réussi à offrir cela à quelqu'un. Pourtant, je ne suis pas quelqu'un de si mystérieux. Je parle peu de ce que je ressens, et assez peu de ce que je vis la plupart du temps. Disons que je suis un peu en mille-feuilles. Certains pensent me connaître et ne connaissent qu'une couche externe. D'autres atteindront des couches plus profondes sans trop savoir comment ni pourquoi, juste parce que ce sont eux. D'autres encore essaieront de creuser là où il n'y a rien de plus à découvrir... par calque vraisemblablement...
Camille Laurens, qui était également sur le plateau, pour son roman Ni toi ni moi, parlant de la séduction a dit que dans une relation, après la phase de séduction, il arrive que le séducteur se détache un peu du séduit. "Les sentiments sont toujours réciproques, mais ne sont pas symétriques" à ce moment là de la relation. Sentiments réciproques mais non symétriques. Voilà toute la nuance.
Je suis quelqu'un qui séduit. J'ai besoin de ça. Manque de confiance en soi, patati patata... j'en connais les raisons, j'en connais les symptômes, là n'est pas la question. Néanmoins, il y a tout de même un petit problème à cette façon de fonctionner, c'est le décalage. Ce qui m'intéresse, c'est souvent davantage le défi, la mise en place des choses, la conquête en quelque sorte, bien qu'il n'y est souvent rien d'amoureux dans cette démarche, que la réussite, l'aboutissement. Quand je sens que quelqu'un m'est acquis, j'en perds le goût. Un peu comme un chat qui, se rendant compte qu'il a tué la souris avec laquelle il s'amusait, s'en dégoûte. Evidemment, l'image est cruelle, qui plus est elle me dessert, et en plus, est loin d'être adéquate. Aucun plaisir sadique dans cette façon de procéder. Juste un manque d'estime de soi. Quand les gens ne m'aiment pas, j'essaie de les faire changer d'avis, de les rallier à ma cause... et quand c'est impossible, j'essaie de me persuader qu'ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Mais inversement, quand les gens m'aiment, je me dis qu'ils font erreur, qu'ils se sont trompés sur la marchandise, qu'ils vont se rendre compte de leur bêtise et remballer leurs sentiments du jour au lendemain. Une sorte de façon de se prémunir contre l'abandon en quelque sorte. Je laisse assez peu la possibilité à l'autre en tant qu'autre de me décevoir, de me donner l'impression d'un vide, de me manquer tout simplement. Etonnamment, certains franchissent les étapes plus vites que d'autres. Certains s'invitent, en quelque sorte, dans ma vie, sans que je ne décide de rien. Mais d'autres semblent d'emblée inaccessibles, ceux-là sont les plus dangereux. Ceux qui me sont accessibles deviennent des amis, ceux qui me sont inaccessibles sont passionnants. Mais ce "passionnants" là n'a rien d'un compliment. Je fuis la passion, celle qui aliène, celle qui rend folle.
Inutile de dire que je joue un jeu très dangereux. Je m'amuse à séduire ceux qui me sont inaccessibles, pour ensuite pouvoir les fuir, avant de succomber... Je risque fort de me brûler les ailes, cercle vicieux oblige. Et puis, ceux qui succombent provoquent chez moi un rapide désintérêt. Alors évidemment, faîtes le calcul : ceux qui gravitent autour de moi sont des amis, ceux qui me sont inaccessibles deviennent inintéressants ou restent trop éloignés, conséquemment, il ne reste plus grand monde, et quand il reste quelqu'un, mieux vaut qu'il soit sévérément attaché à son fauteuil... Bouarf... autant dire que la rentrée s'annonce chaotique... car oui, en situation de stress scolaire, c'est pire encore... héhé!
L'important, c'est d'être lucide sur sa condition parait-il... Moi je ne suis pas sûre qu'il soit si évident de se défaire de ses mauvaises habitudes, même quand on en a conscience... mais c'est possible... peut-être.
PS : dans Vol de Nuit, j'ai quand même eu la bonne surprise de voir la frimousse de Florian Zeller. Ecrivain et dramaturge, il est aussi prof de littérature à Sciences-Po, et ce à moins de 30 ans... plutôt pas mal quand même... non ?
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C'est une nouvelle série comédie policière en quelque sorte, dont l'héroïne éponyme est à mi-chemin entre Fantomette, Columbo, et Amélie Poulain. Pour les deux premiers, pas de justification, ça coule de sources, pour la dernière référence, je ne sais pas, quelque chose dans le timbre de la voix, dans l'allure, l'enthousiasme, la naïveté... 


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