On trouve sur Lexilogos, parmi les définitions du terme impatience, la définition suivante :
Manque de patience; incapacité de se contenir, considérée comme un trait de caractère. Synon. fougue, impétuosité, pétulance; anton. indolence, nonchalance. Chez les sujets fort sensibles, (...) une disposition singulière à l'impatience et à l'emportement (CABANIS, Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 33). Le trait le plus saillant de son caractère était une impatience chronique, un mécontentement perpétuel qui devenait de la rage à la plus légère contradiction (BLOY, Femme pauvre, 1897, p. 201) :
Les deux principaux facteurs de l'impatience sont l'émotivité et la primarité. Les plus impatients des impatients sont donc les EP [émotifs primaires]. Les mêmes chez qui la liaison est immédiate et rapide de la pensée à l'acte ne savent pas attendre l'exécution des ordres qu'ils donnent. L'impatience se liquide par des manifestations émotives...
MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 424.

Je ne suis pas d'un naturel impatient. J'ai même plutôt tendance à considérer le temps comme un ami. Seulement là, j'avoue que depuis quelques jours, je suis assez impatiente que le temps passe.
Une ancienne amie m'avait fait jadis lire, pendant des vacances d'été, un petit essai d'un auteur dont j'ai oublié évidemment le nom et l'adresse (sic), qui racontait comment un homme était tombé éperdument amoureux d'une femme au premier regard, et comment cette dernière lui avait donné rendez-vous longtemps après, dans un musée ou quelque chose dans ce genre là. L'homme en question avait eu tout le loisir de se représenter comment se passerait ce premier rendez-vous, il avait presque fait des projets à longs termes, il se voyait l'emmener sur son cheval blanc, et autres clichés du genre. Mais le jour du rendez-vous, la femme en question lui dit qu'ils ne se reverront plus jamais, qu'elle n'en avait jamais eu l'intention (grosso modo, mes souvenirs sont assez diffus), mais lui avait déclaré, impériale : " le meilleur c'est l'attente ".
Depuis, j'ai toujours pris cette sentence avec beaucoup de précaution. Certes, lorsqu'on attend, on forge toutes sortes d'idéaux, on tire des plans sur la comète pour parler couramment, on espère, on imagine... Et quand on ne fait pas attention, on laisse galoper son imagination, et il est évident qu'alors, la réalité est bien terne en comparaison du monde onirique. Néanmoins, il me semble que si l'on se focalise sur cette idée selon laquelle le meilleur, en toute chose, reste l'attente, on ne se laisse pas l'espace pour la bonne surprise. Si on ne s'attend à rien, évidemment, on ne peut être déçue, j'en conviens, mais à l'inverse, si on s'imagine sans arrêt qu'on sera déçue, bouarf...
Impatience oui, mais pas d'illusion quand même. On peut être déçu, on peut être agréablement surpris, mais on peut aussi attendre simplement en espérant que tout se passe bien. On ne peut évidemment pas s'empêcher d'imaginer certains détails, mais on tombe rarement juste. Et puis si toutefois ce qu'on avait imaginé venait à se produire, on donnerait à cette réalisation plus de sens qu'elle n'en a en réalité. C'est comme ça qu'on se fait avoir.
Non, en fait, je suis intimement persuadée qu'il ne faut pas toujours chercher à tout contrôler. On ne peut pas dire que le meilleur c'est l'attente, parce que dans l'attente, on est seul. Il faut aussi laisser l'Autre faire son effet. Le confort dans l'espace de son seul jugement reste terne face à l'incertitude que provoque l'altérité. Un peu d'ouverture ne fait jamais de mal...
Wait and see n'a jamais eu autant de valeur qu'en pareille situation.
Vos goûts et dégoûts